Il n’y a pas longtemps, il y avait les élections en Belgique. Les élections électorales, certes, mais élections quand même. Et, comme beaucoup de gens, je me faisais la réflexion suivante : À quoi cela sert ?
Non sans dec, à quoi cela sert d’aller voter ? Je m’intéresse très peu à la politique belge, plus à celle de nos voisins (surtout parce que cela s’engueule tout le temps). Je ne sais jamais pour qui ou pour quoi voter. Je ne sais pas comment vérifier si les politiciens ont fait du bon travail, ou même ce qu’ils ont fait tout court. En fait, quand je vais voter, j’élimine les extrêmes et… je tire un numéro au hasard. C’est à ce point vrai qu’en sortant de l’école (les bureaux de vote sont dans des écoles), je ne sais déjà plus pour qui j’avais voté (sans parler du fait qu’en Belgique, on ne vote plus sur papier, mais électroniquement, et que c’est pourri, l’interface, je ne comprends rien).
Alors ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’ai pas dit que je voulais vivre dans une dictature. Juste que : pourquoi devrait-il y avoir un lien fort entre vote et démocratie ? Pourquoi la démocratie devrait-elle passer par le vote ? Et pourquoi le droit de vote devrait-il être universel ? Si je veux conduire une voiture, je dois passer un permis, alors pourquoi prendre un acte qui fera plus de morts qu’un accident ne nécessite aucun examen ?
Il se trouve qu’en écrivant mon livre (un vieux livre qui ne sortira pas avant loooonnngggtttemmmpsss), je me demandais dans quel système électoral je voudrais vivre et la réponse fut simple à trouver, dans un parlement tiré au hasard.
Mais D’abord, la problématique.
Parce qu’avant de cracher dans la soupe, faudrait d’abord savoir ce que je leur reproche… à tous ces gus surpayés à appuyer sur 3 boutons toutes les 4 semaines (ils font plus ???). — Sans déc’, pourquoi le Parlement est en vacances ? D’où vient cette idée ?
Globalement, je leur reproche 2 choses.
Ne pas être indépendant du pouvoir.
Moi, je suis désolé, mais dire qu’un parlement est indépendant du pouvoir est une vaste blague. Ils votent en meute, suivent des consignes. D’ailleurs, un moyen d’économiser de l’argent : Au lieu de payer 540 gus qui votent avec chacun une voie, pourquoi ne pas payer 5 gus qui votent avec x voies (voies que représentent leur groupe parlementaire) ? Ça, cela fera des économies non ?
Mais sinon pour revenir sur la problématique, je suis désolé mais que cela soit en Belgique ou en France ou n’importe où. L’indépendance est du foutage de gueule. Par exemple, J’entends souvent dire que la tripartite actuelle en France est signe que le parlement est indépendant du gouvernement. Mais c’est faux, ce n’est pas parce que deux gamins se disputent dans la cour d’école qu’ils sont indépendants du système scolaire.
Si à cela on rajoute le casting (tous des pauvres évidemment !!), parlement-gouvernement : même combat.
Être irresponsable
Je crois que c’est mon plus gros problème. Un gouvernement n’est plus responsable de rien. On ne peut plus compter sur un gouvernement pour avoir des trains à l’heure (trop cher, PIB, tout cela, etc.), avoir des classes avec moins de 20 élèves, etc. Si je prenais une feuille et que je devais écrire les services que le gouvernement me propose, ça ne remplirait pas un quart de page.
Un gouvernement, aujourd’hui, ca ne propose plus des services, ça gère avant tout des ressources comme on gère un projet. Et encore, en Belgique, on n’est pas les moins bien lotis (la France, c’est pire).
Les référendums, une mauvaise solution.
Avant de mettre ma solution qui me tient à cœur, j’aimerais d’abord parler d’une mauvaise solution que j’entends partout : les référendums. En gros, un peu comme en Suisse, on demanderait l’avis des citoyens sur un sujet bien précis. Parce que le peuple a toujours raison (pour le peuple, par le peuple, etc.).
Alors !!!!
Premièrement, c’est pas parce que le peuple vote qu’il a raison. Suffit de voir les dictateurs qui, dans une mascarade crasse, se font réélire tous les ans. Mais même dans les démocraties, croire 5 minutes qu’un groupe de cons va voter intelligemment simplement parce qu’on leur demande leur avis est au pire idiot, au mieux ambitieux.
Il suffit de voir en Suisse comment cela se passe. La Suisse a quand même bon dos, elle n’est pas dans l’Europe, mais profite. Les seuls qui vont voter, c’est … personne. Sans déconner, c’est pas un full-full les jours de vote.
Et puis, après, le problème n’est pas là. Oui, c’est un bon outil, mais qui n’est pas à l’abri des croyances et des manipulations. Et ce n’est pas le petit dossier que reçoit chaque citoyen qui fait des experts de la question. Je connais des Suisses et tous m’ont dit qu’ils votaient en se basant sur le ressenti, qu’ils n’allaient voter que s’ils n’avaient rien d’autre à faire, et que la majorité des initiatives ne leur disaient pas grand-chose.
Mais je confirme, c’est un bon outil… juste pas le meilleur.
Et donc, pour moi, quel serait le bon outil démocratique ?
Un bon outil démocratique serait un outil qui prévoit plus qu’il ne solutionne, qui connait son peuple sur le long terme et dont les votants connaissent en profondeur sans être soumis à aucune pression extérieure.
Et pour cela, y a pas 36 solutions : le hasard.
Le choix des représentants
J’adore le hasard, ce mécanisme résout tellement de problèmes. Si seulement les gens comprenaient un peu plus les limites et les possibilités du hasard. Mais bref.
Supposons qu’on divise un pays en groupes de gens à peu près équivalents. En France, cela s’appelle les départements ; en Belgique, les communes, etc. Puis, on tirerait dans chaque groupe un citoyen au sort, mais pas en même temps.
Il y a en Belgique, disons, 600 communes homogènes. Supposons que le parlement représente 600 places (une par commune.Oui, c’est pour l’exemple, il y a des communes de 100 habitants). Posons qu’un mandat dure 5 ans, soit 60 mois ; eh bien, tous les mois, 10 communes tireraient au sort un nouveau parlementaire, et le mois d’après les 10 communes suivantes, etc.
Au bout de 5 ans, toutes les communes auront tiré, et on recommence. Ce début de mécanisme permettrait une représentation large du peuple. Tout le monde aurait sa chance, tout le monde aurait son tour, s’il a de la chance. On pourrait rajouter qu’une personne déjà tiré ne pourrait plus être retiré, mais la base est là.
Ensuite, être tiré au sort, ce n’est pas le lotto. Car quelqu’un tiré au sort aurait le même salaire que dans la vie réelle. Un chômeur toucherait des indemnités de chômage, un riche toucherait son salaire de riche… de 1 euro (des dividendes, ce n’est pas un salaire). La seule chose qu’on leur donnerait en plus serait un logement de fonction (les parlements étant à la capitale, tout le monde ne pourrait se payer un logement décent).
Même plus, si un parlementaire travaillait dans une entreprise, cette dernière bénéficierait du même salaire que le parlementaire afin de faire face pendant 5 ans à sa ressource manquante (ce qui permettrait d’engager un CDD équivalent durant le départ du parlementaire).
Voilà, on aurait une assemblée remplie de gens braves qui connaitraient la vie de tous les jours, de super-riches, de pauvres, mais surtout de monsieur tout le monde. Maintenant, il y a deux questions : quelle est l’étendue de leur pouvoir ? Et que se passe-t-il si le tiré au sort refuse le poste ?
Supposons un citoyen refusant son mandat. Faut-il refaire un tirage au sort ? Je ne crois pas. Je pense même que c’est la pire solution. Non, si le peuple refuse le pouvoir, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même. Si quelqu’un refuse, alors on organise des élections dans la commune. Et si élection, alors politicien à l’assemblée.
Et leur pouvoir dans tout cela ? Quelle serait le pouvoir d’un parlementaire tiré au sort ou d’un politicien élu ? Le même ? Je ne pense pas.
Je pense que cela serait serait un peu différent suivant le cas. Pour un parlementaire tiré au sort, cela consisterait à dire oui ou non, uniquement (pour ou contre). Le gouvernement proposerait des lois et les parlementaires tirés au sort diraient simplement s’ils sont d’accord ou non. Rien d’autre. Le reste du temps, ils étudieraient les dossiers, il interrogerait les scientifiques, apprendraient les textes afin de savoir les implications du pour et du contre. Et pour garantir encore plus leur indépendance, leur vote serait totalement anonyme.
Et pour les citoyens élus ? Eux, cela serait comme aujourd’hui. Il proposerait des amendements, il prendrait la parole, et bien sûr leur vote serait public (vu qu’ils l’ont choisi).
C’est je pense la meilleur méthode. En gros le principe de mon système de vote préféré. Et pour les gens qui se demandent, oui, on irait voter encore. Mais pas pour le parlement (sauf par désistement du tiré au sort), seulement pour le gouvernement. On voterait pour un premier ministre/président (ou plus globalement un parti), pour ses idées qui iraient défendre devant le parlement tiré au hasard ses propositions de lois.
C’est, pour moi, un des meilleurs systèmes électoraux qui, non pas donnerait plus de pouvoir au peuple, mais rencontrerait plus les désirs de celui-ci.
