J’ai fait le nanowrimo 2025.

Ça y est, hier j’ai écrit mon 50 000ᵉ mot de mon roman intitulé Précoce, avec 7 jours d’avance (cool), et voici mes impressions :

Chouette expérience

J’avais fait le NaNoWriMo une fois, il y a longtemps (je m’en souviens même plus). J’étais arrivé à 30 000 mots, mais c’était une histoire complète (en fait un tiers d’un space opera). À ce moment-là, j’avais vu grand, trop grand. Ici, viser un draft correct de 50k en un mois, je trouvais ça plus sympa et plus cohérent.

En fait, ce que j’ai le plus aimé dans cette expérience, c’est que la créativité a pris énormément de place. Normalement, quand on crée un roman, il y a une phase d’inventivité, puis on retravaille le texte, on réécrit… mais on réécrit les mêmes scènes, la même histoire. Je ne dis pas qu’on ne réinvente rien, mais ce n’est pas comparable au fait d’imaginer quelque chose depuis zéro.
Dans un gros roman avec plein d’éléments alambiqués, la partie créative est assez minime : ce qui prend du temps, c’est l’efficacité, le retravail, la réécriture, etc. Ici, très peu. Deux semaines d’écriture, c’était surtout du bonheur intellectuel, sans prise de tête.

Aussi, et je m’en suis donné les moyens, j’ai pris congé pour ça (sur une croisière, j’y reviens plus loin), et je pense que ça simplifie beaucoup. Je ne dis pas qu’écrire 1700 mots par jour n’aurait pas été possible (ça m’arrive), mais il arrive un âge où ton esprit veut se concentrer sur une seule tâche par jour. Par contre, si je devais le refaire, je verrais plus large. Si ici je m’étais mis comme contrainte d’écrire un draft cohérent en un mois, je pense que la prochaine fois, je me mettrai comme objectif d’écrire un script fini de 45–55k mots. Et par « fini », j’entends que je pourrais l’envoyer à ma correctrice et le publier dans la foulée. Peut-être l’année prochaine.

Pourquoi pas maintenant ? Premièrement, parce que les 50k étaient clairement un objectif. J’ai rajouté des mots juste pour atteindre ce chiffre, mais je suis certain qu’il y a des passages que je vais enlever. Je pense que le roman fera 45k mots, et ce sera très bien.

Deuxièmement, comme ce n’était pas le but, beaucoup de passages sont, à mes yeux, à retravailler : des phrases à et des paragraphes à réécrire, des répétitions de mots (beaucoup), etc., etc.

Troisièmement, il reste encore deux ou trois problèmes dans l’histoire : certains personnages sont toujours un peu trop transparents à mes yeux, et certaines scènes manquent de panache.

En fait, ça demanderait vraiment un mois de congé pour écrire un petit roman publiable (dans le contexte d’un NaNoWriMo). À considérer pour l’année prochaine, si je trouve un resort-hotel ou une croisière d’un mois :-D. Parce que là est l’autre problème : pour écrire un roman, il faut du calme, beaucoup de calme. Et je dois dire que c’est difficile de trouver des endroits calmes pour écrire en dehors de chez soi. Toutes les abbayes ne vous acceptent pas, et puis il faut aussi qu’il y ait des trucs (de quoi marcher, une terrasse, une table, etc.). Oui, pour réussir, il faut se donner les moyens.

Mais vous allez me dire : pourquoi pas chez moi ? Simplement à cause du bruit ambiants, d’Internet, des films, etc. Oui, sur le bateau, j’avais accès à Netflix, mais je ne l’ai même pas utilisé — alors que chez moi, YouTube est allumé en permanence. Je comprends ces écrivains qui se créent une pièce dédiée à l’écriture (si seulement j’avais les moyens, si seulement j’étais écrivain. Aidez-moi à accomplir ce rêve :-D). Sans déconner, le plus dur a vraiment été de trouver un endroit où écrire : j’en étais au point où j’allais prendre une chambre dans un hôtel de luxe juste pour avoir accès à leur bar, café, etc.

La préparation

C’est la première fois que je prépare pas mal de choses avant : environ cinq pages de notes. Cela comprenait les personnages, les chapitres, la carte, etc. D’habitude, j’ai l’idée de début, l’idée de fin, et en avant Gingant. Les persos viennent après, les émotions aussi (je veux dire littéralement : il m’arrive souvent que les persos s’appellent « $X, $Y » quand j’écris). J’avoue qu’avoir des notes m’a beaucoup aidé — faut juste pas les suivre à la lettre. J’avais 25 chapitres dans mes notes, j’en ai moins de 20 dans le roman. C’est comme ça.

Aussi, j’ai beaucoup simplifié l’histoire. Ici, il y a très peu de retours en arrière ou d’imbrications : ça avance, tout simplement. L’histoire, écrite en deux parties, raconte la même situation selon deux points de vue différents (totalement différents au point que ce sont presque deux histoires distinctes, même si, au fond, c’est la même). Oui, j’ai vraiment simplifié à fond pour éviter de me prendre la tête et de devoir réfléchir comme sur des romans plus complexes.

Les passes

Parce que oui, j’écris par passes. Tel un tailleur de pierre, je forme d’abord grossièrement le marbre (l’histoire), puis je rentre dans les détails (les persos, le rythme, etc.). Par exemple, pour Précoce, j’ai eu pour l’instant trois passes :

  • La première (38 000 mots) posait l’histoire.
  • La deuxième (45 000 mots, mais surtout beaucoup de réécriture) rendait l’ensemble globalement cohérent.
  • La troisième (50k) était surtout là pour atteindre l’objectif.

La suite ?

Je vais laisser décanter un peu, jusqu’à la fin de l’année. Puis en janvier je le reprendrai et je le terminerai. Je pense qu’il manque encore deux ou trois passes. Je dois aussi enlever pas mal de redondances (comme dit, je suis quasi sûr qu’il finira à 45k). Ensuite il ira en correction, puis en publication (je ne pense pas l’envoyer à une maison d’édition, ça ne les intéressera pas).

Voilà voilà. Si cela peut vous aider pour l’année prochaine : c’est vraiment dommage que des retraites NaNoWriMo n’existent pas.

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