Comme aujourd’hui c’était jour de sortie, j’ai pas pu écrire beaucoup. Par contre, hier soir au repas, j’ai eu une conversation bizarre: « Comment faire pour écrire ? Comment arriver à écrire un roman ? » Et je me suis dit, au lieu de chaque fois me répéter et me mélanger, autant mettre ici les conseils qui m’ont aidé… surtout que j’ai pas grand-chose à dire.
Aussi et au cas où vous ne l’auriez pas remarqué. Je ne suis qu’un humble romancier amateur qui ne vit pas de ses livres (en ai-je envie quand je vois le monde de l’édition ?), publie en auto-édition et ne cherche pas trop à être publié en maison, etc., etc. Voilà, ces conseils valent ce qu’ils valent, mais moi, ils m’ont bien aidé quand je les ai reçus, trouvés par moi-même.
Sois ton premier lecteur.
Il n’y a qu’une seule raison d’écrire, parce que tu es ton premier lecteur. Si toi tu n’aimes pas te lire, pourquoi les autres le feraient ? Bien que je ne sois pas un grand écrivain, je relis un de mes romans tous les ans à minima. Et bien, quoiqu’il y ait des choses à changer, j’aime toujours autant mes histoires.
Publier, tu peux le faire pour plein de raisons : l’argent, la gloire, le travail accompli, un défi, etc. Mais écrire n’a aucun intérêt si toi-même tu n’es pas intéressé par ce que tu écris.
En discutant avec certains, beaucoup veulent écrire un roman pour se prouver à eux-mêmes qu’ils sont autre chose qu’un numéro dans cette vaste civilisation capitaliste. Et c’est tout à fait honorable, mais on les convaincrait que demander à une IA d’écrire leur livre, c’est comme si c’est eux qui l’avaient écrit, que cela les remplirait de joies.
Si tu ne veux pas te lire, pourquoi les autres le feront.
Rêve, si tu ne rêves pas, tu ne peux pas imaginer.
Alors, une fois n’est pas coutume, je vais donner tort à Stephen King (oui, je suis humble). Bon, pour être exacte, je ne lui donne pas tort, simplement, tel Einstein complétant Newton, je vais compléter les propos du Roi (je vous ai dit, humble).
Dans Écriture, histoire d’un romancier (de mémoire), King dit que pour savoir écrire, il faut lire. Beaucoup lire, il parle d’audiobooks, etc. Que si vous voulez devenir écrivain, il faut d’abord devenir un lecteur. Je pense que cette phrase est fausse, que la vraie maxime est : si tu veux imaginer, il faut rêver.
Pour imaginer des histoires, il faut d’abord rêver d’histoires et qu’importe la méthode. J’adore les bandes dessinées, j’en lis depuis mon enfance, j’ai plus de BD que de livres (je lis des livres aussi), je vois pas en quoi ces BD qui m’ont fait rêver m’empêcheraient de rêver des histoires de roman.
Alors oui, il faut lire des romans. Aucun doute là-dessus, ne serait-ce que pour attraper des mimiques d’écriture, une façon de faire. Mais c’est passé à côté de tellement de rêves que de se contraindre au papier.
Si votre kiff, c’est de regarder des films comme moi je lis des BD, grand bien vous en fasse, continuez, vous êtes sur la bonne voie.
Un roman, c’est un début, un milieu, une fin.
C’est con à dire, mais j’ai déjà eu plusieurs fois cette discussion lorsque je dis que j’écris des romans.
« Moi j’avais une idée pour un roman. Ça se passait dans un monde postapocalyptique, il n’y a rien, que des ruines, et là un héros dont on ne sait rien, mais qui est suspicieux, arrive dans une ville faite de tout et de rien. Il est à la recherche d’un objet précieux pour lui. »
Et je réponds toujours.
« Ok, et c’est quoi la fin ? »
Fun fact, j’ai jamais eu de réponse.
Alors, que veut dire cette histoire que j’ai un peu caricaturée ? Simplement qu’on ne raconte pas une histoire avec une idée, tout simplement parce qu’une histoire, c’est la façon dont vous reliez deux idées.
Alors je ne dis pas qu’il faut avoir la fin en tête directement, mais alors au moins avoir une idée de départ précise.
Soit on crée une idée de départ super précise, on la fait vivre et à un moment on s’arrête sur une idée (qui devient l’idée de fin) : Méthode Stephen King (dans Écriture, mémoire d’un romancier). Soit, on avait l’idée de début, l’idée de fin, et on relie (méthode Jules Verne, voyage au centre de la Terre est flagrant). Je suis de la seconde, j’aime savoir où va une histoire avant qu’elle ne commence, même si au fur et à mesure, cela change.
Les gens qui ont une idée floue ne sont ni l’une ni l’autre.
Mets ton cul sur une chaise.
Toujours de l’autre (dans l’écriture mémoire d’un roman) et c’est un merveilleux conseil. Faisons un calcul. Par exemple, pour un premier roman de 50 000 mots (par exemple Harry Potter 1), SK conseille 1000 mots par jour, 6 jours sur 7 (il est catholique), moi je suis européen, je dis 1000 mots par jour, 5 jours par semaine. Ce qui fait qu’un roman de 50 000 mots s’écrit (du moins le draft) en 50 jours, soit un peu moins de deux mois pour un premier manuscrit, qui certes ne ressemblera pas à grand-chose, mais aura au moins le mérite d’exister.
Combien de fois j’ai vu des gens être sur un roman depuis des années et des années (sans dec, j’en connais qui y sont depuis plus de 10 ans). ils pensent quoi, qu’ils vont sortir la 7ᵉ merveille du monde ?).
Vaut mieux un roman fini qu’un roman qui traine. Surtout si c’est le premier.
Un roman s’écrit en plusieurs passes.
Il y a une croyance qui est que chaque mot écrit est le bon mot. Qu’il ne bougera plus jamais. L’écrivain a pensé, réfléchi, philosophé et là le mot suivant lui est apparu comme une pétale de rose sur un étang.
C’est des conneries. Personne ne fait ça. En tout cas, personne de compétent. Un roman, cela s’écrit minimum 3 fois, voire plus. Même Stephen King réécrit ses romans (il y a un exemple dans Écriture, mémoire d’un roman).
Ah aussi, pour l’orthographe, il y a des gens qui sont correcteurs . Il y aaussi de bons logiciels (Antidote, Quillbot, etc.). Si vous racontez une histoire avec efficacité, aucune raison que l’orthographe vous arrête. (Moi, elle m’arrête pas.)
Si les gens voyaient les manuscrits d’auteurs reconnus reçus par les maisons d’édition… Pour en avoir discuté avec des relecteurs de grandes maisons d’édition, c’est édifiant.
lire des mauvais livres
Celle-là est un peu contre-intuitive, mais pourtant c’est vrai. Lisez des livres bof, des livres de merde, illogiques avec des gros TGCM. La raison ? Parce que c’est le meilleur moyen de se dire qu’on peut faire mieux, qu’on va faire mieux. Si vous ne lisez que des bons livres, vous serez dégouté de l’écriture. Lire de grandes œuvres vous fera arrêter de taper sur votre machine à écrire, alors que lire des livres bof vous procure une frustration canalisable en énergie.
Par exemple, j’ai lu Hunger Games il n’y a pas longtemps et, alors que l’histoire est cool, plusieurs fois je me suis dit : « Putain, je peux faire mieux. » Bon, ça veut pas dire que j’y arrive, mais au moins, il y a l’énergie, la motivation.
Imaginez ce qu’il est possible d’accomplir après avoir lu les 20 premières pages d’un livre de Zemmour.
Arrêtez d’acheter des livres sur l’écriture.
Alors celle-là, c’est un double conseil qui va vous faire gagner du temps et de l’argent. C’est fou le nombre de livres qui vous vendent des méthodes toutes faites sur la façon d’écrire, alors qu’en fait… feraient mieux de l’utiliser pour écrire leur propre livre. Sans dec, j’ai déjà vu des méthodes où ils te disent de compter le nombre de verbes au présent, passé, etc., et de les comparer à des statistiques de grands auteurs. C’est ouf… et cher.
J’ai rencontré des gens qui changent carrément leur histoire parce qu’ils ont lu dans un livre que c’était mieux si le héros, blablabla. Et je ne sais plus dans quel bouquin j’ai lu qu’il fallait absolument que le chapitre untel soit une backstory sur le personnage principal.
Je ne connais qu’un livre sur l’écriture, c’est Écriture, mémoire d’un romancier de Stephen King. Tout le reste, soit c’est pour la poubelle, soit c’est pour l’industriel. Par exemple SaveTheCat explique comment écrire une histoire en 4 actes pour le cinéma… mais seulement si vous devez produire 100 films par an. Si c’est pour vous, écrivez ce que vous voulez comme vous le voulez. Le reste n’a que peu d’importance et peu s’apprendre plus tard.
Voilà.
Voilà. C’est à peu près mes conseils pour les gens qui veulent s’y mettre, se plonger dans une pratique cérébrale des plus orgasmiques. Et si vous avez d’autres conseils, je vous écoute.








