Bon, les IA… on entend parler partout, tout le temps… jusqu’à ce que la bulle explose (et elle peut exploser quand elle veut, j’ai revendu mes actions Nvidia :-)). C’est extraordinaire, mais pas une journée sans que j’en entende parler. Entre fin du monde, destruction de biens communs (cool, les chouettes dystopies arrivent), et j’en passe. Il y a quand même une discussion qui me revient souvent : c’est l’IA et les œuvres d’art, que ce soit au cinéma, dans les dessins ou même dans les livres. Marrant de voir ces gens (souvent bourges) effrayés à se sentir dépossédés de ce qu’ils ont construit depuis des siecles: une fausse réputation intellectuelle.
Mais moi, qu’est-ce que je pense de l’IA ? Premièrement, oui, j’utilise l’IA. Pas pour écrire, pas pour inventer (c’est la partie que je préfère), pas non plus pour réécrire (je préfère des humains avec qui discuter), mais pour l’orthographe principalement (d’ailleurs si quelqu’un connaît une application de correction orthographique basée sur l’IA mais en local , genre QuillBot mais en mieux, je suis preneur).
C’est-à-dire qu’avant, c’était le correcteur de Microsoft, puis ça a été Antidote, et maintenant l’IA. (Puis pour les romans, il y a une correctrice professionnelle. Puis maintenant, il y a la maison d’édition) C’est ainsi. Tant que c’est un maillon dans une chaîne sans être le maillon principal ni le premier ou le dernier, quel est le problème ?
Et c’est là le truc. Mon problème avec les œuvres IAesques, c’est quand elles sont le dernier maillon avant l’achat (si c’est gratuit, je m’en fous). Un livre entièrement écrit par une IA, outre le fait que celui qui l’a conçu ne l’a pas lu (et dès lors pourquoi d’autres voudraient le lire ?), outre le fait de la médiocrité de l’histoire, c’est surtout mauvais car les IA ne sont pas faites pour être déterministes, c’est même tout le contraire or un artiste est déterministe dans ce qu’il fait (vaut mieux).
Je vais prendre un exemple parlant pour les gens qui font de la programmation. Je fais du vibe coding (et Claude est génial pour cela). MAIS, et c’est un grand mais, je ne vais jamais voir le code. Claude le gère tout seul. Le produit fini, c’est l’application qui tourne (le binaire). Le premier maillon, ce sont mes réquisitions. Ce qu’il y a entre les deux, je m’en fous (d’ailleurs question : pourquoi les IA ne font pas du binaire direct ??), à partir du moment où je ne vais pas voir le code, car oui, il n’est pas terrible ( du code spaghetti en veux-tu en voilà. Du redoublement de variables globales à la pelle, etc.) Oui, c’est une catastrophe, mais si je ne dois pas gérer cela, quel est le problème ? (sans dec, le nombre de fois ou Claude fait une recherche dans le code pour trouver toutes les variables identiques, c’est à mourir de rire)
Aujourd’hui, de ce que j’ai pu expérimenter, Claude est capable de gérer à peu près 20 000 lignes de code dégueu (code spaghetti, pour info, un humain, c’est plutôt 2 000). Donc pour une application de moins de 20 000 lignes de code, je m’en tape. Moi je publie une application, pas du code. (Bon aujourd’hui je suis plus developpeur, m’occupe plus de cela). Si l’application est bien et fonctionnelle, mais le code est mauvais, ou est le problème tant qu’on ne doit pas publier le code…
Et c’est ça qu’on trouve sur les réseaux : de la mauvaise qualité, des œuvres immondes produites en masse en comptant sur une sorte de typosquatting, ou carrément des titres putaclic pour vendre. Car là ou le code n’est utilisé que par les devs, ce n’est pas le cas des romans qui sont utilisé par tout le monde et les romans écrits par IA, c’est du code en papier relié. Oui c’est immonde. Est-ce qu’on peut empêcher cela ? Oui. Il suffit simplement d’interdire les œuvres bâclées, moche, écrite en vibe writing. Simple, non ? … ou pas.
Parce que malheureusement, il est impossible de faire la différence entre une mauvaise œuvre humaine et une mauvaise œuvre IA. Mais je vais même aller plus loin : si une œuvre IA est bien écrite, outre le problème du droit d’auteur (et d’autres problèmes qu’on verra dans un autre blog), quel est le problème ? Aujourd’hui, pour moi, le problème principal est la qualité médiocre des œuvres qui sont publiées en masse.
Eh bien fun fact, il existe un moyen très simple de faire la différence entre IA et humain, mais pas sur une œuvre… sur plusieurs. Car oui, le titre est limpide : je n’ai pas écrit « faire la différence entre une œuvre humaine et IA », mais « faire la différence entre des œuvres IA et des œuvres humaines ». Et là, c’est beaucoup plus simple.
Car s’il y a bien une différence entre l’homme et la machine, c’est la vitesse. On ne peut pas écrire une œuvre par jour, c’est impossible. Je vais prendre Kindle (là où je publie mes romans jusqu’à bientôt) : le plus rapide que je peux écrire, c’est un roman de 50 000 mots en un mois (nanowrimo). Et je suis gentil, c’est sans relecture, bourré d’incohérence, etc…, mais admettons que c’est possible. Stephen King dit qu’il écrit 2 000 mots par jour, cela fait environ 15 romans par an. Voilà. Il ne devrait pas être possible de créer plus de, disons, 20 romans de 50 000 mots par an (ou 10 de 100 000, etc.). Impossible. Et qu’il soit écrit avec de l’IA ou non, on s’en fout. Tu veux faire de l’IA slop, tu n’en feras que 20, pas plus.
Mais là je parle pour un roman, mais ça marche aussi pour la musique. Pourquoi sur Spotify pourrait-on publier 3 000 heures de musique alors qu’il est tout simplement impossible de créer autant de sons que ça ? Idem pour les images, pour… tout en fait. Si on veut que l’IA reste un outil qui améliore les œuvres, il faut que les œuvres aient un caractère unique et non procédural. Et la seule différence notable entre l’artisanat et l’industriel, c’est le temps qu’on met à produire une pièce.
Voilà ce que devraient faire les grandes plateformes : mettre une limite humaine à toute publication. Amazon le fait déjà avec seulement ?!? trois œuvres par jour, ce qui est… complètement con, on est d’accord. Quel humain peut publier 900 œuvres par an ? Le chiffre devrait être à 5 par an si cela ne tenait qu’à moi.
Je propose même un truc mieux : 3 par an, et si cela fonctionne (si une des œuvres se vend), alors le chiffre augmente (5 par an, 10 par an… pas plus, ça ne servirait à rien).
bisou
