Le travail des uns n’est pas gratifiant du travail des autres. Ça ne veut rien dire, mais ça augmente la taille de mon ego devant les ignorants.
En fait, à la base, j’ai rencontré une femme au foyer et, en discutant de tout et de rien, je me suis rendu compte que ses rentrées d’argent venaient exclusivement de ce que son mari voulait bien lui donner. Alors OK, ils sont amoureux, blablabla, mais… quand même, pourquoi son travail n’est-il pas rémunéré ? La réponse est simple : ce n’est pas un travail… au sens capitaliste du terme.
Car pour le capitalisme, un travail est avant tout un contrat, un accord entre deux personnes. Le voisin qui t’aide à déplacer un meuble, ce n’est pas du capitalisme (alors que des déménageurs payés, oui). Le type qui arbitre gratuitement un match de gamins, ça ne rentre pas dans le capitalisme. Et évidemment, la femme qui garde les enfants, qui range la maison, qui fait mille choses… eh bien, aux yeux du système, elle n’est rien… alors qu’elle apporte tout.
C’est d’ailleurs assez marrant de voir la différence de culture sur les femmes au foyer selon les pays. Au Japon, par exemple, c’est un job à part entière, reconnu par tous. Ce sont des tradwives soumises, mais aussi des gestionnaires accomplies… sans l’argent, parce qu’il ne faut pas déconner.
D’où ma question : pourquoi n’existerait-il pas un « diplôme » (ou une formation, je n’ai pas encore le nom) payé par l’État, dont le but serait de rémunérer les femmes et les hommes au foyer ? Toute personne qui déciderait de s’engager pour trois, six ans à garder ses enfants pourrait rentrer dans un programme de formation rémunéré par l’État. Une formation qui, à la fin, donnerait un diplôme.
Et qu’on soit clair : il ne s’agirait pas simplement de repasser le linge et de donner à manger aux gamins. Un diplôme pareil devrait inclure des cours de gestion, d’économie (un foyer, c’est une mini-entreprise), mais aussi de gestion de crise, de psychologie. Oui, il y aurait des cours obligatoires et des examens.
Aussi, pour les enfants, si une personne décide de s’occuper d’eux, il y aurait des objectifs de réussite (après, ce n’est pas très compliqué de réussir à l’école quand on a moins de six ans).
Et en cas d’échec ? Ben… oui, je sais, c’est dur, mais il faut se faire une raison si on veut que le diplôme ait de la valeur.
Parce que oui, ce diplôme aurait de la valeur. Savoir gérer des enfants, une maison, etc., c’est cent fois moins compliqué que de gérer une équipe de projet, voire une équipe tout court. Combien de fois ne faut-il pas gérer des conflits entre gamins quand on est parent ? Eh bien, c’est pareil dans les équipes de management : des conflits, il n’y a que ça.
Et imposer une solution par la force, ça ne marche pas toujours.
Est-ce que cela coûterait cher à la société ? Eh bien, je ne pense pas, car payer une personne au foyer ou payer un chômeur, il n’y aurait pas une énorme différence. Mieux que cela : ça permettrait de les former à plein d’autres choses plutôt que de les laisser regarder les quatre murs.
En fait, je suis pour que l’État ait l’obligation de fournir un travail. Toute personne qui voudrait un travail pourrait aller le demander à l’État, et l’État aurait l’obligation de lui en trouver un. N’importe quoi : de soldat à éboueur, mais l’État DOIT fournir un travail à toute personne qui le demande.
Et pour les personnes au foyer, pareil. Il y aurait même plusieurs types de diplômes en fonction de l’âge des enfants : 1-5 ans, 6-12 ans, 12-18 ans.
Ce serait évidemment autant pour les hommes que pour les femmes (les hommes auraient plus de mal, on est d’accord).
Enfin bref, je n’ai pas encore quelque chose de bien défini, mais l’idée est là.
Qu’en pensez-vous ?
