Imaginez : vous êtes sur un gros bateau (plus de 300 mètres) avec plusieurs milliers d’autres personnes. C’est votre quatrième jour. Vous visitez une île tous les jours et, en ce quatrième jour au matin, vous avez du mal à fermer le dernier petit bouton de votre pantalon. Parce que putain, qu’est-ce qu’on bouffe sur une croisière !
Ça ne m’avait pas choqué la dernière fois que j’en ai fait une (peut-être parce que le bateau était un peu plus petit), mais sur le MSC Preziosa, quelle que soit l’heure, il y a toujours un buffet, de la nourriture, un moyen de manger. En fait, j’ai même l’impression que c’est l’activité principale. Parce qu’on ne va pas se mentir : contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’y a pas grand-chose à faire sur un bateau. On est clairement plus proche d’un Club Med sur l’eau que d’un Disneyland Paris. À part visiter le matin, lire en journée, assister à un spectacle en soirée et faire la fête la nuit, ce n’est pas non plus comme si les activités sur le bateau nécessitaient une carte et un FastPass.
Attention, j’aime bien, ce n’est pas la question (c’est pour ça que je le fais), mais, entre toutes ces activités, qu’est-ce qu’on ingurgite comme nourriture ! Sur les bateaux de croisière, il y a les buffets. Ces comptoirs de plusieurs dizaines de mètres, uniquement consacrés à la nourriture.
Une assiette, deux assiettes, trois assiettes, matin, midi et soir. C’est de la graisse en Botox, y a pas à dire. Alors oui, il y a une section fruits, mais qui y va ? à part ceux qui veulent se donner bonne conscience entre deux bouchées de graisse à la sauce graisse ? Le pire, c’est que ce n’est pas mauvais. Puis on a payé, alors pourquoi ne pas y aller ? Et puis il y a le 11 h, et puis il y a le 18 h. Et puis, et puis, et puis…
Ce buffet, c’est une tuerie ! Et ce n’est pas la foule malpolie, les enfants crétins, les vieux lents et les indécis qui regardent le plat comme une mouche regarde sa merde qui vont vous empêcher d’aller ingurgiter votre dose quotidienne de graisse. C’est bon, c’est gras, c’est à volonté et on a payé pour ça !
Alors, où est le dilemme ?
Ben, le dilemme, c’est qu’il existe, sept étages plus bas, des restaurants qui font pareil (voire mieux), mais sans l’excès. Oui, sur les bateaux, le matin, le midi et le soir, non seulement vous avez accès au buffet, mais aussi à des restaurants… au sens restaurant du terme : on s’assied, on a un menu, on est servi, on attend, on mange…
Je ne dis pas que c’est diététique, juste que c’est correct. Pourtant, personne… ou presque, n’y va le matin et le midi. Et pourquoi ? Ben parce que, dans la conscience collective, le restaurant est un moment. Tu vas au resto, puis tu vas au spectacle, etc. Mais le resto à midi sur un bateau de croisière ? Quelle horreur !
Eh ben, c’est pareil pour moi. Sur un bateau, ça doit être buffet, buffet, buffet. Sur un bateau de croisière, je dois prendre dix kilos par jour et m’empiffrer jusqu’à vomir… alors que je n’ai même pas faim. Mais j’ai payé, donc je dois en profiter le plus possible, quitte à bousiller ma santé.
Peut-être que je devrais me faire vomir. Un peu comme les Romains dans l’Antiquité, qui se faisaient vomir en groupe, entre copains (les prémices de la partouze ?).
Et il ne faut pas compter sur l’exercice physique pour brûler tout ça ! Parce que oui, sur un bateau, il y a une salle de sport qui fait… 20 mètres carrés. Il n’y a vraiment que les courageux qui y vont.
D’ailleurs, pourquoi les salles de sport sont-elles toujours à l’avant du bateau ? C’est la deuxième fois que je vois ça : on court avec une vue sur la poupe du mastodonte. C’est con, je préférerais que ce soit un bar avec un petit verre de jus.
Je me demande si c’est parce que c’est la partie qui bouge le plus et qu’on y met donc les plus costauds, histoire qu’ils tiennent le coup quand le bateau plonge sous une vague. (OK, j’exagère un peu.)
