3 janvier 2300
Chères toutes et chers tous. Comment allez-vous aujourd’hui ?
Bon centenaire à tous. J’espère que vous avez passé de belles fêtes.
Je viens de me lever. J’écris depuis l’hôtel dont le salon donne sur Uranus. Après 25 heures de sommeil, j’attends impatient d’avaler quelque chose. Les autres dorment encore, ils ont reçu (contrairement à moi – probablement que j’ai été la plus sage de nous 4) une prescription de leur connecteur pour dormir plus longtemps.
36 heures non-stop. Nous avons fait le FarFromHell de l’ouverture à la fermeture nous étions encore des millions à vouloir continuer, certes en mode zombie, totalement et complètement crevé, mais la volonté encore bien présente.
Si certains d’entre vous voulaient y participer l’année prochaine, voici comment cela se déroule et mes impressions.
L’ouverture de la plateforme s’ouvre tôt, très tôt. Pas la peine d’y aller aux heures d’ouverture, rien ne s’y passe avant le décollage. Une heure où deux avant est largement suffisant.
Je vous conseille de désactiver le partage de localisation du connecteur. Vu le nombre de personnes, le cloud vous submerge de « Connaissance pas loin », mais pas loin, dans un endroit rempli de jeune, cela veut dire impossible. Nous avions nous-mêmes filtré les messages pour ne plus être dérangés (déso pour ceux qui ont essayé de nous contacter).

Absolument, désactivez votre module santé. Avec ce que nous prenions, mangions et buvions, les montées d’adrénalines affolent toutes les censeures. Il y a holos qui vous le rappelleront, mais si vous ne voulez pas qu’un appel urgent soit envoyé à un de vos contacts proches prônant un message inquiétant, c’est à réaliser avant le départ. (Première fois que je vois le mode panique et cela effraie, croyez-moi).
Nous sommes rentrés, nous avons attendu (longtemps), puis cela a commencé. Les portes se fermèrent et la plateforme a décollé. 10 millions de jeunes participants à la plus grande rave du système et nous en faisions partie. Le FarFromHell a été mis en orbite au-dessus d’Obéron en moins d’une heure. À vue de nez, ce dôme faisait un peu moins d’un 4 kilomètres de diamètre. Les bars étaient rangés le long du périmètre, il y en avait évidemment pour tous les gouts : des boissons, des injections, de la nourribox, des pilules, etc.
Pour servir tout ce monde non-stop, une logistique via des drones-0g fut mise en place. Pour commander quelque chose, nous passions tous par la centrale de la plateforme via nos connecteurs, mais nul besoin de se lever et d’aller chercher. Les drones arpentaient la foule entre notre position et nos commandes. Comme il y avait quand même du chemin entre le bord et/ou nous étions, mais il ne fallait pas être pressé, mais au moins nous ne devions pas nous déplacer.

Bien qu’en plein air, des quartiers tendance avaient été organisés et délimités. C’était à peu près les mêmes qu’à Sosy (rétro, wave, 0 g sound, etc.), mais en plus grand. Puis vint le grand renversement.
Le grand renversement, cela consiste à renverser la gravité. Le sol nous rejette et le dôme nous accueille. La procédure dure une demi-heure. Juste avant, impossible de commander quoique cela soit au drone (pour pas qu’on leur rentre dedans lorsque nous quittons le sol). Si le plancher était une vaste zone plate, le dôme est bombé. Notre groupe ne se situait pas vraiment au centre, mais même sans cela, où que je regardasse, je voyais des gens. Sous les pieds, le vide sidéral et les couleurs de feux d’artifice de fin d’année explosant au loin.
IL y eut en tout deux grands renversements. Un pour rejoindre la coupole, l’autre pour redescendre. Nous avons fêté la nouvelle année, nous sommes rentrés dans le nouveau centenaire, et de la meilleure façon qu’il soit.
À plus pour d’autres nouvelles.

